<p>Une arme antiaérienne américaine, remorquée par un camion camouflé de treillis, se déplace jusqu'à sa position dans la forêt de Hürtgen pour assurer des tirs d'appui contre les cibles au sol. 6 novembre 1944. Corps de transmission de l'Armée américaine, photographie prise par C.A. Corrado.</p>

La forêt de Hürtgen

Après le débarquement en Normandie, les forces alliées progressèrent rapidement pour libérer la France et la Belgique -ainsi qu'une partie des Pays-Bas- et atteignirent les fortifications frontalières allemandes, la ligne Siegfried, à la mi-septembre 1944. Les unités américaines avancèrent également en direction des barrages de la Roer dans le but de les contrôler. Elles cherchaient en effet à empêcher les Allemands d'inonder des zones du nord et de retarder ainsi leur avancée sur le territoire allemand .

La route la plus directe vers les barrages passait par la forêt de Hürtgen, une réserve forestière artificielle à forte densité de sapins sur un terrain accidenté. Il s'agissait également d'une des zones les plus hautement fortifiées de la ligne Siegfried, quelque 129 km2 de forêts denses, de profonds ravins et de hautes crêtes. Les troupes américaines attaquèrent à maintes reprises, à l'automne, pour tenter de se frayer un chemin à travers des centaines de fortifications en béton, faites de casemates entourées de champs de mines et soutenues par l'artillerie. Plusieurs divisions américaines subirent de lourdes pertes au cours des combats, mesurant leur avancée en mètres lorsqu'ils prenaient les positions allemandes une par une. L'offensive allemande en Belgique à la mi-décembre - appelée bataille des Ardennes- mit fin à toute nouvelle progression dans la forêt de Hürtgen.

Cette attaque ne reprit pas avant le début du mois de février ; les barrages furent alors conquis après plusieurs jours de combats intenses. Les dégâts sur les barrages repoussèrent de deux semaines l'attaque sur l'autre rive de la Roer. Fin février, les six divisions américaines réussissent à traverser la rivière et avancèrent ensuite tout droit vers le Rhin, la dernière barrière naturelle menant au cœur de l'Allemagne.

Ce combat acharné fit environ 33 000 victimes américaines.