<p>Adolf Hitler passe ses troupes en revue dans le château de Prague le jour de l’occupation de la ville. Prague, Tchécoslovaquie, 15 mars 1939.</p>

Tchécoslovaquie

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La Tchécoslovaquie fut fondée à la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918, après l'effondrement de l'Empire austro-hongrois. Le pays comprenait alors les provinces de Bohème-Moravie, de Slovaquie, ainsi que la Ruthénie Subcarpathique (Ukraine transcarpathique) et des parties de la Silésie.

Des recensements d'avant-guerre divisent la population de la Tchécoslovaquie en plusieurs groupes linguistiques : le tchèque (50%), l'allemand (22,3%), le slovaque (16%), le hongrois (4,78%), l'ukrainien (3,79%), l'hébreu et le yiddish (1.29%), et le polonais (0.57%).

En dépit de sa population multiethnique et ses relations tendues avec les pays voisins, qui convoitaient tous son territoire, la Tchécoslovaquie resta une démocratie parlementaire jusqu'à la crise de Munich en 1938.

L'ANNEXION DES SUDÈTES

Après la prise du pouvoir par les Nazis en 1933, l'Allemagne exigea l'inclusion de la population allemande de Tchécoslovaquie, ainsi que les territoires où ils vivaient, dans le Reich. À la fin de l'été 1938, Hitler brandit la menace d'une guerre européenne si les Sudètes n'étaient pas cédés à l'Allemagne. En plus d'une importante population germanophone, c'est aussi là que se trouvaient les positions défensives de l'armée tchécoslovaque en cas de guerre avec l'Allemagne. Les 29 et 30 septembre 1938, les dirigeants britanniques, français, italiens et allemands prirent part à une conférence à Munich. Dans ce qui fut connu ensuite sous le nom d'« accords de Munich », ils acceptèrent l'annexion allemande des Sudètes en échange de la promesse de paix d'Hitler.

LA PARTITION DE LA TCHÉCOSLOVAQUIE

Après les accords de Munich, les dirigeants du gouvernement démocratique tchécoslovaque démissionnèrent. Le président Beneš partit pour la France. Entre la pression extérieure allemande et les menaces intérieures des séparatistes slovaques, ce qui restait de l'État se transforma en un régime autoritaire, renommé Tchéco-Slovaquie, reflétant la plus grande autonomie accordée à la Slovaquie. Ceci n'empêcha pas l'Allemagne nazie d'inviter les voisins du nouveau pays à en réclamer des morceaux de territoires. À l'automne 1938, le premier arbitrage de Vienne fut signé, et la Hongrie annexa le sud de la Slovaquie, tandis que la Pologne récupérait le district de Teschen, en Silésie.

Hitler viola les accords de Munich le 15 mars 1939 et envahit les provinces tchèques de Bohème et Moravie, qui devinrent un protectorat allemand, annexé directement au Reich, mais dirigé par un Protecteur du Reich. C'est Konstantin von Neurath, ancien ministre des Affaires étrangères allemand, qui occupa ce poste à partir de mars 1939. Le chef de la RSHA (Reichssicherheitshauptamt, Office central de la sécurité du Reich), Reinhard Heydrich, le remplaça. Celui-ci fut assassiné à la fin du printemps 1942, et le chef de la police d'ordre Kurt Daluege reprit ses fonctions pour peu de temps. Enfin, entre 1943 et 1945, le Protecteur du Reich fut l'ancien ministre de l'Interieur Wilhelm Frick.

La Slovaquie devint un État indépendant, dirigé par le prêtre catholique Jozef Tiso. Ses partisans mirent en place une dictature à parti unique, fasciste et autoritaire, fortement influencée dans sa politique interne par une hiérarchie cléricale séparatiste, et très proche du régime nazi — le Parti populaire slovaque. Le régime de Tiso resta au pouvoir jusqu'en avril 1945.

En mai, la Hongrie annexa l'Ukraine transcarpathique. Érigée en nouvel État en 1918, la Tchécoslovaquie était donc rayée de la carte deux décennies plus tard.

Les Allemands et leurs collaborateurs exterminèrent environ 263 000 Juifs qui vivaient sur le territoire de la République tchécoslovaque en 1938.