Child survivors of Auschwitz. Standing next to the nurse are Miriam and Eva Mozes. Behind them (wearing white hats) are Judy and Lea Csenghery. Both sets of sisters are twins.

Josef Mengele

Le SS Josef Mengele est le plus connu des médecins nazis qui procèdent à des expériences médicales inhumaines sur des prisonniers à Auschwitz, causant d'énormes souffrances ou la mort.

Points de repère

  • 1

    Mengele se sert des théories raciales nazies pour justifier une large gamme d'expériences sur des Juifs et des Tsiganes.

  • 2

    Nombre des personnes qui ont subi les expériences de Mengele en sont mortes ou ont été assassinées pour précipiter l'autopsie.

  • 3

    Après la guerre, Mengele fuit en Amérique du Sud, échappant aux poursuites pour ses crimes. Il y meurt en 1979.

Les premières années

Josef MengeleJosef Mengele naquit le 16 mars 1911 à Günzburg, près d'Ulm, en Allemagne. Fils aîné de Karl Mengele, fabricant de machines agricoles, il obtint sa thèse en anthropologie physique en 1935 à l'université de Munich, puis son doctorat en médecine génétique. En janvier 1937, il devint l'assistant du Dr Otmar von Verschuer, alors un grand chercheur connu pour ses recherches sur les jumeaux, à l'Institut de biologie héréditaire et d'hygiène raciale, à Francfort.

Mengele avant Auschwitz

Mengele rejoint le parti nazi en 1937, puis la SS en 1938, l'année où il obtint son diplôme médical. Il fut enrôlé dans l'armée en juin 1940 et se porta volontaire auprès du service médical de la Waffen-SS (la SS armée). Il existe peu de documents, et ceux-ci sont souvent contradictoires, sur les activités de Mengele entre cette époque et début 1943. Cependant, il est clair qu'il exerça ses premières fonctions en tant qu'expert médical au Bureau pour la race et le peuplement à l'Office central d'émigration nord-est de Posen (actuel Poznan). Il devint ensuit médecin militaire auprès de la division SS « Wiking » (Bataillon SS-PionierV), qui le mit face à l'action sur le front de l'Est.

Mengele et les autres médecins d'Auschwitz

Richard Baer, Dr Josef Mengele et Rudolf Höss.Blessé en campagne, Mengele retourna en Allemagne en janvier 1943 et travailla à l'Institut Kaiser Wilhelm (KWI) d'anthropologie, de génétique humaine et d'eugénisme, dirigé par son ancien mentor, von Verschuer. Il fut promu au rang de capitaine SS en avril, puis transféré à Auschwitz le 30 mai 1943.

Josef Mengele n'était pas le seul médecin à Auschwitz. On croit souvent qu'il y détenait le rang le plus élevé, mais ce n'était pas le cas. Cette « distinction » revenait au capitaine SS Dr Eduard Wirths, que le poste de médecin de garnison rendait responsable de toutes les questions médicales sur l'ensemble du complexe.

Mengele commença sa carrière à Auschwitz en tant que médecin militaire responsable du « camp de Tsiganes » de Birkenau. En novembre 1943, quelques semaines après la liquidation de ce camp, il devint médecin-chef d'Auschwitz II (Birkenau), toujours sous la juridiction de Wirths.

Environ 30 médecins travaillaient à Auschwitz quand Mengele y fut affecté. L'une des tâches qu'ils se voyaient attribuer au cours de leurs « rondes » était la « sélection » des prisonniers sur la rampe, qui déterminait qui, parmi la masse humaine déversée à Auschwitz serait retenu pour le travail, et qui périrait immédiatement dans les chambres à gaz.

C'est le comportement froid et cruel de Mengele sur la rampe qui lui donna le surnom d'« Ange de la mort », ou parfois « Ange blanc ». Plus que tout autre médecin à Auschwitz, il est associé à ces tâches de « sélection », même si la plupart des témoignages rapportent qu'il ne s'en occupait pas plus que ses collègues. Le lien s'explique en partie par sa notoriété après la guerre. L'image omniprésente de Mengele sur la rampe dans tellement de récits de survivants est aussi liée au fait qu'il avait souvent l'air de ne pas être en service quand il se postait dans la zone d'arrivée des nouveaux prisonniers, à la recherche de jumeaux.

Les expériences médicales de Mengele à Auschwitz

Mengele commença à s'intéresser à l'utilisation de jumeaux dans ses recherches quand il étudiait avec son mentor, Verschuer, lui-même connu pour ses expériences sur des vrais et des faux jumeaux. Son but était de trouver les origines génétiques de diverses maladies. Pendant les années 1930, on considérait ce genre de recherche comme un outil idéal pour comparer les facteurs de l'hérédité humaine et de l'environnement, et Mengele et son mentor avaient à leur actif nombre de protocoles parfaitement légitimes tout au long de la décennie. À Auschwitz, sans aucune restriction pour mutiler ses sujets ou s'en débarrasser, il pouvait donner libre cours à ses expériences sur les Juifs et les Tsiganes, des enfants pour la plupart, qui en souffraient atrocement et, souvent, en mouraient.

Ses autres intérêts scientifiques étaient nombreux, notamment une fascination pour l'hétérochromie, la présence d'iris de différentes couleurs chez un individu. Au cours de son séjour à Auschwitz, Mengele collectionnait les yeux des victimes qu'il assassinait, qui servaient en partie de « matériel de recherche » pour son collègue Karin Magnussen, spécialisé dans la pigmentation oculaire au KWI. Il avait conduit lui-même des expériences dans le but de percer le secret de la coloration artificielle de l'œil. Il fournissait aussi un effort considérable pour consigner la progression du noma chez les détenus, un type de gangrène qui détruit la membrane muqueuse de la bouche et d'autres tissus.

Mengele souscrivait fermement aux théories raciales nazies et poursuivait toutes sortes d'expériences visant à illustrer le manque de résistance à diverses maladies chez les Juifs et les Tsiganes. Son but consistait également à démontrer la « dégénération » de leur sang en répertoriant les singularités physiques et en prélevant des échantillons de tissu et des parties du corps. Nombre de ses « sujets tests » en mouraient ou étaient tués pour précipiter l'autopsie.

Comme la plupart des « scientifiques » en poste dans cet environnement concentrationnaire, Mengele recrutait un personnel médical au sein de la population des prisonniers, leur déléguant les tâches plus macabres ou plus banales, et les autopsies de ses victimes. Les premières connaissances que l'on a de ses activités furent révélées par l'un d'entre eux, le Dr Miklos Nyiszli, contraint d'assister Mengele. Il publia son expérience en 1946, dans son hongrois natal, avant qu'elle soit traduite en français en 1965 sous le titre Médecin à Auschwitz, souvenirs d'un médecin déporté (édité en anglais en 1960, Auschwitz: A Doctor's Eyewitness Account).

La capture évitée

Josef Mengele avait espéré utiliser les « recherches » effectuées à Auschwitz pour rédiger une Habilitation, la seconde thèse postdoctorale requise pour être admis à l'université comme professeur dans les territoires germanophones. Mais alors que l'armée soviétique progressait dans l'ouest de la Pologne, il dut prendre la fuite. Il passa les semaines suivantes au camp de concentration de Gross-Rosen, jusqu'à son évacuation, puis il poursuivit son chemin vers l'ouest pour éviter d'être capturé par les forces soviétiques.

Tout de suite après la guerre, Mengele fut emprisonné par les Américains, qui le relâchèrent sans se rendre compte que son nom figurait sur une liste de criminels recherchés. De l'été 1945 jusqu'au printemps 1949, muni de faux papiers, il travailla sur une ferme près de Rosenheim, en Bavière. Sa famille, prospère, l'aida ensuite à partir en Amérique du Sud, et il s'installa en Argentine.

Les crimes de Mengele avaient été bien documentés auprès du Tribunal militaire international (TMI) et d'autres cours d'après-guerre. Les autorités ouest-allemandes délivrèrent un mandat d'arrêt contre lui en 1959, et une demande d'extradition en 1960. Cette même année, préoccupé par la capture d'Adolf Eichmann à Buenos Aires, il se rendit au Paraguay puis au Brésil, et vécut ses dernières années à Sao Paolo. Sa santé déclinant, il eut une attaque en nageant pendant des vacances près de Bertioga, et il se noya, le 7 février 1979. Il fut enterré dans la banlieue de Sao Paolo sous un faux nom, Wolfgang Gerhard.

En 1985, la police allemande confisqua des preuves à un ami de famille de Mengele à Günzburg qui lui permirent de localiser sa tombe et d'exhumer son corps. Les experts légistes brésiliens purent identifier les restes comme étant les siens. En 1992, des analyses ADN confirmèrent cette conclusion. Mengele avait échappé à ses poursuivants pendant 34 ans.

Thank you for supporting our work

We would like to thank The Crown and Goodman Family and the Abe and Ida Cooper Foundation for supporting the ongoing work to create content and resources for the Holocaust Encyclopedia. View the list of all donors.