Film evidence is shown during the trial of Adolf Eichmann. [LCID: 65271]

Le procès Eichmann

Après la Seconde Guerre mondiale, le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann s'enfuit d'Autriche et parvint en Argentine, où il vécut sous le nom de Ricardo Klement. En mai 1960, des agents du Service de renseignement israélien, s'emparèrent d'Eichmann en Argentine et le transportèrent à Jérusalem pour qu'il soit jugé par un tribunal israélien. L'accusé témoigna à l'abri d'un box protégé par une vitre à l'épreuve des balles.

Le procès Eichmann suscita l'intérêt de la communauté internationale, et révéla au monde entier l'ampleur des atrocités nazies. Les témoignages de survivants de la Shoah, en particulier ceux de combattants des ghettos tel que Zivia Lubetkin, attirèrent l'attention sur la résistance juive. Le procès permit une nouvelle ouverture d'esprit en Israël ; de nombreux survivants de la Shoah se sentirent enfin capables de raconter leur histoire alors que leur pays se confrontait à ce passé traumatique.

L'acte d'accusation, rédigé par le procureur général d'Israël, Gideon Hausner, comportait quinze chefs d'accusation, dont ceux de crimes contre le peuple juif et de crimes contre l'humanité.

Les accusations portées contre Eichmann étaient nombreuses. Après la Conférence de Wannsee (le 20 janvier 1942), Eichmann avait coordonné les déportations de Juifs d'Allemagne et d'Europe de l'Ouest, du Sud et de l'Est, vers les camps de mise à mort (par le biais de ses représentants parmi lesquels Aloïs Brunner, Theodor Dannecker, Rolf Günther, Dieter Wisliceny et d'autres au sein de la Gestapo). Eichmann dressait les plans de déportation jusque dans les moindres détails. Travaillant avec d'autres organismes allemands, il gérait aussi la confiscation des biens des déportés et s'assurait que son service en bénéficie. Il organisa également la déportation de dizaines de milliers de Tsiganes.

Eichmann fut aussi accusé d'appartenance à des organisations criminelles — les Sections d'assaut (SA), les Services de sécurité (SD) et la Gestapo (qui avaient été toutes été qualifiées de criminelles lors du procès de Nuremberg).

En tant que chef de la section des affaires juives de la Gestapo, Eichmann coordonna, avec le chef de la Gestapo Heinrich Mueller, un plan d'expulsion des Juifs de la Grande Allemagne vers la Pologne. Ce plan servit de modèle aux futures déportations.

Déclaré coupable de tous les chefs d'accusation, Eichmann fut condamné à mort. Il fut pendu le 1er juin 1962. Son corps fut incinéré et ses cendres dispersées dans la mer, au-delà des eaux territoriales d'Israël. Ce fut la seule fois dans l'histoire de l'Etat d'Israël que la peine capitale fut appliquée.