Sachsenhausen

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Le camp de concentration de Sachsenhausen fut le principal camp nazi de la région berlinoise, situé près d’Oranienburg, au nord de la capitale. Sa construction commença le 12 juillet 1936, lorsque 50 prisonniers du camp de concentration d’Esterwegen y furent transférés.

Les prisonniers

Dans un premier temps, ce sont surtout des prisonniers politiques qui furent détenus à Sachsenhausen, ainsi que des criminels, réels ou considérés comme tels. À la fin de l'année 1936, on y comptait 1600 prisonniers. Ensuite, jusqu'en 1945, des Juifs, des homosexuels, des témoins de Jéhovah, des « asociaux » (dont des Tsiganes et des Sinti), et, plus tard, des civils soviétiques y furent détenus aussi. Parmi les personnalités internées, on trouve le pasteur Martin Niemöller, l'ancien chancelier autrichien Kurt von Schuschnigg, Georg Elser, Herschel Grynszpan, et le fils de Joseph Staline, Yakov Dzhugashvili.

Le nombre de prisonniers juifs évolua au cours du temps, allant de 21 en 1937 à 11 100 au début 1945. Pendant le pogrom de la Nuit de cristal (Kristallnacht) perpétré dans l’ensemble du pays en novembre 1938, le chef de la SS, ou Reichsführer, Heinrich Himmler, ordonna l’arrestation sommaire d’environ 30 000 Juifs et leur incarcération dans les camps de concentration de Sachsenhausen, Dachau et Buchenwald. Près de 6 000 Juifs arrivèrent donc à Sachsenhausen après ces émeutes.

Les mois suivants, ce nombre diminua, les autorités relâchant des prisonniers juifs, souvent en échange de leur consentement à quitter le pays. À la fin 1938, Sachsenhausen comptait 1345 Juifs.

À la mi-septembre 1939, peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, une autre vague d'arrestation eut lieu quand les autorités allemandes emprisonnèrent des Juifs polonais et apatrides, la plupart vivant dans la région de Berlin. À nouveau, le nombre de Juifs détenus à Sachsenhausen diminua quand ils furent déportés vers d'autres camps de concentration en Pologne occupée, principalement Auschwitz, le but étant d'aboutir à un Reich sans Juifs, ou judenfrei.

De l'automne 1942 au printemps 1944, les prisonniers juifs étaient peu nombreux. Puis, en raison du besoin en main d'œuvre forcée à Sachsenhausen et ses sous-camps, les autorités SS amenèrent des Juifs hongrois et polonais, dont beaucoup de femmes, depuis des ghettos et d'autres camps de concentration. On arrive ainsi au nombre de 11 100 au début 1945.

Après des manifestations anti-allemandes à Prague en novembre 1939, les autorités incarcérèrent 1200 étudiants tchèques à Sachsenhausen. Au total, ce sont plus de 6000 personnes des provinces tchèques annexées qui y furent déportées.

Désireux d’éliminer l’élite intellectuelle polonaise pour empêcher toute résistance organisée contre la domination allemande, les forces allemandes exécutèrent ou déportèrent des milliers de Polonais, notamment des enseignants, des prêtres, des fonctionnaires, ainsi que des leaders nationaux et communautaires. Certains d'entre eux furent envoyés à Sachsenhausen. Le 3 mai 1940, par exemple, 1 200 détenus de la prison Pawiak à Varsovie y arrivèrent, notamment de nombreux jeunes, des prêtres catholiques, des officiers, des enseignants, des médecins et des petits fonctionnaires.

Le premier groupe de prisonniers de guerre soviétiques envoyés à Sachsenhausen arriva au camp à la fin du mois d’août 1941. À la fin octobre, ce sont 12 000 d'entre eux que les SS y déportèrent. Beaucoup furent fusillés peu après leur arrivée. On estime le nombre total de ces prisonniers de guerre soviétiques tués à Sachsenhausen entre 11 000 et 18 000.

En représailles au soulèvement de l'Armée intérieure à Varsovie en août 1944, les autorités allemandes expulsèrent la majeure partie de la population polonaise de la ville. Entre 60 000 et 80 000 civils polonais furent déportés dans des camps de concentration. En octobre 1944, 60 000 d'entre eux se trouvaient à Sachsenhausen.

Le personnel SS

En novembre 1936, le personnel du camp de concentration de Sachsenhausen comptait 70 membres, et en 1944, 277. Il y avait environ 1400 gardes en 1941, et 3356 en janvier 1945. Au milieu de l'année 1936, c'est le lieutenant-colonel SS Michael Johann Lippert qui supervisait le camp. En octobre, il fut remplacé par le major Karl Otto Koch, qui occupa ce poste jusqu'à l'été 1937.

Au cours des années 1938-1939, il y eut de nombreux changements dans la direction du camp. Au début 1940, le SS-Oberführer [grade entre colonel et brigadier général] Hans Loritz prit les fonctions de commandant, jusqu'en 1942, quand le lieutenant-colonel SS Anton Kaindl le remplaça pendant trois ans. Au début, les gardes de Sachsenhausen provenaient des unités SS-Totenkopfverbände (« Têtes de mort »). Ensuite, des membres de la Waffen-SS furent transférés dans ces bataillons et affectés aux postes de garde.

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