Musique

Avreml le pickpocket

Titre original: Avreml der marvikher

Musicien: Daniel Kempin
Chanteur: Mordecai Gebirtig
Compositeur: Mordecai Gebirtig

Mordecai Gebirtig, né en 1877 à Cracovie, en Pologne, était un parolier et poète folklorique yiddish. Gebirtig avait trois filles, pour qui il a écrit et chanté ses poèmes. Les mots étaient portés par des mélodies improvisées. La plupart de ses chansons égrènent sous la forme d'un journal intime les différents moments de la journée. Bon nombre des poèmes de Gebirtig portent également sur les thèmes de la vie des Juifs d'Europe de l'Est dans les années 20 et 30. Les paroles de "Avreml the Pickpocket" (Avreml le pickpocket") traitent de deux problèmes sociaux : la délinquance et l'anéantissement de la famille. La chanson explique que ces deux problèmes puisent leurs racines dans la pauvreté et le besoin.

J'ai été sans maison depuis bien jeune,
C'est la faim qui m'a poussé au-dehors de chez moi
Alors que j'avais à peine treize ans
Loin dans le monde, loin des yeux de ma mère,
J'ai grandi dans des ruelles sombres et sales --
Et pourtant je suis devenu un bien beau jeune homme.

Je suis Avreml, le plus doué des voleurs,
Artiste brillant, mon travail est léger et sûr.
La première fois que j'ai été emprisonné -- autant que je m'en souvienne --
Ce fut parce que j'avais volé une miche de pain, oy, oy !
Je ne travaille pas sur les marchés, comme un criminel ordinaire,
Je vole aux magnats des affaires, à ceux qui sont riches et vénaux,
Quel plaisir de leur voler quelque chose à ces gens-là !
Je suis Avreml -- un beau jeune homme, pour sûr.

Seul dans ce monde, n'ayant pas assez pour vivre,
J'ai mendié pour mon pain ; un pauvre homme parfois m'en donnait.
Mais ceux qui avaient de quoi se rassasier
Me chassaient avec haine et mépris --
C'est donc ainsi que naît un voleur !
Voleur, je le suis -- mais un beau jeune homme, pour sûr.

Je suis Avreml, le plus doué des voleurs,
Artiste brillant, mon travail est léger et sûr.
Enfant encore, je sortis de prison,
En sortit un magicien, un talent singulier, oy, oy !
Je ne travaille pas sur les marchés, comme un criminel ordinaire,
Je vole aux magnats des affaires, à ceux qui sont riches et vénaux,
J'aime les bonnes gens, la belle compagnie ;
Je suis Avreml -- un beau jeune homme, pour sûr.

Mais ce jeu ne pourra durer longtemps encore,
Car la vie en prison m'a rendu malade et infirme ;
Une ultime requête, s'il peut m'être donné d'être si hardi :
Quand je partirai, en un jour sombre,
Que l'épitaphe de ma tombe porte ces mots,
En lettres énormes, ornées d'or :

"Ci-gît Avreml, le plus doué des voleurs,
Un grand homme ce fut, certainement ;
Un homme bon, avec un cœur compatissant,
Un homme juste, qui toujours fit l'oeuvre de Dieu, oy, oy !
Si seulement les yeux d'une mère avaient pu se poser sur lui,
Si seulement il n'avait pas grandi dans de sombres ruelles,
Si seulement, enfant, il avait eu un père --