Survivors in Bergen-Belsen concentration camp after liberation.

Bergen-Belsen

Au départ, Bergen-Belsen est un camp pour les prisonniers de guerre alliés. Puis, la SS en prend le contrôle, et le site devient un camp de concentration nazi en 1943. À partir de l’automne 1944, la SS y déporte un grand nombre de prisonniers évacués des camps nazis plus à l’est.

Points de repère

  • 1

    En raison des conditions de vie terribles et de la surpopulation, de la maladie et de la faim qui sévissent, des dizaines de milliers de personnes emprisonnées meurent. Anne Frank est l’une des déportées de Bergen-Belsen.

  • 2

    L’année 2025 marque le 80e anniversaire de la libération des camps de concentration, et la fin de la tyrannie nazie en Europe. Les troupes britanniques libèrent Bergen-Belsen le 15 avril 1945. 

  • 3

    Peu après la libération, Bergen-Belsen acquiert la notoriété dans le monde entier en tant que site où s’est déroulé le meurtre de masse nazi.

Environ 50 000 personnes sont décédées dans le complexe concentrationnaire de Bergen-Belsen. Parmi elles se trouvait Anne Frank, la plus connue des enfants ayant rédigé un journal intime pendant la Shoah.

Contexte

Les autorités militaires allemandes mirent en place le camp de Bergen-Belsen en 1940 au sud des deux petites villes de Bergen et Belsen, à environ 20 kilomètres au nord de Celle, en Allemagne.

Jusqu’en 1943, Bergen-Belsen fut exclusivement un camp de prisonniers de guerre. En avril 1943, l’Office central d’administration économique (SS Wirtschafts-Verwaltungshauptamt, WVHA), qui gérait le système concentrationnaire, en récupéra une partie pour le convertir en camp de résidences civiles, puis en camp de concentration. Ainsi, lorsque le gouvernement allemand y intégra le site, le WVHA lui attribua d’abord une appellation spéciale.

Le complexe concentrationnaire de Bergen-Belsen

Le complexe concentrationnaire de Bergen-Belsen se composait de nombreux camps mis en place à différents moments de son existence. Il comptait trois principaux sites : le camp de prisonniers de guerre, le « camp de séjour » (Aufenthaltslager), et le « camp de prisonniers » (Häftlingslager).

Le camp de prisonniers de guerre fonctionna de 1940 à janvier 1945. Le « camp de séjour », en service d’avril 1943 à avril 1945, comprenait quatre sous-camps : le « camp spécial » (Sonderlager), le « camp neutre » (Neutralenlager), le « camp de l’étoile » (Sternlager) et le « camp des Hongrois » (Ungarnlager).

Le camp des prisonniers, également en service d’avril 1943 à avril 1945, était composé du camp d’origine, du « camp de récupération » (Erholungslager), du « camp des tentes » (Zeltlager), du « petit camp de femmes » (Kleines Frauenlager), et du « grand camp de femmes » (Grosses Frauenlager).

Les prisonniers du camp

Au cours de son existence, le complexe concentrationnaire de Bergen-Belsen servit à incarcérer des Juifs, des prisonniers de guerre, des prisonniers politiques, des Roms (Tsiganes), des « asociaux », des criminels, des Témoins de Jéhovah et des homosexuels.

À l’approche des Alliés et des forces soviétiques fin 1944 et début 1945, Bergen-Belsen devint un camp de regroupement pour des milliers de prisonniers juifs évacués des camps les plus proches du front. L’arrivée de milliers de nouveaux prisonniers, dont beaucoup étaient des rescapés des marches forcées, épuisa ses maigres ressources.

Afin de gérer un nombre croissant de détenues, les SS transformèrent en janvier 1945 la partie nord du site, alors utilisée pour les prisonniers de guerre, en un « grand camp de femmes » (Grosses Frauenlager). Y furent emmenées des femmes évacuées des camps de concentration de Flossenbürg, Gross-Rosen, Ravenbrück, Neuengamme, Mauthausen et Buchenwald, ainsi que de divers sous-camps et camps de travail.

À la fin du mois de juillet 1944, environ 7300 prisonniers étaient détenus à Bergen-Belsen. Début décembre 1944, ce chiffre passa à environ 15 000, puis à 22 000 en février 1945. Comme les prisonniers évacués de l’est continuaient à arriver, la population du camp augmenta drastiquement, en dépit du fort taux de mortalité. Le 1er mars 1945, plus de 41 000 prisonniers se trouvaient dans le camp.

Les conditions de vie

Bergen-Belsen, c’était l’enfer sur terre.

—Témoignage d’Alice Lok Cahana

L'Allemagne occupa la Hongrie en 1944. Alice fut déportée à Auschwitz la même année. Elle fut destinée à la chambre à gaz mais survécut grâce à une défaillance du système. A mesure que les forces alliées approchaient du camp, Alice et d'autres prisonniers furent évacués vers le camp de travail de Guben. Alice, sa soeur et une autre jeune fille s'évadèrent au cours d'une marche forcée mais on les reprit et elles furent envoyées à Bergen-Belsen. La soeur d'Alice fut emmenée dans un hôpital de la Croix Rouge mais Alice ne la revit plus jamais. Après la guerre, Alice émigra aux Etats-Unis.

Crédits:
  • US Holocaust Memorial Museum Collection

 

Les rations alimentaires continuèrent à s’épuiser à partir de la fin 1944. Au début 1945, les prisonniers étaient parfois privés de nourriture pendant plusieurs jours et l’eau fraîche se faisait rare.

Les conditions sanitaires n’étaient pas adaptées, les dizaines de milliers de prisonniers alors internés à Bergen-Belsen n’ayant à leur disposition qu’un nombre insuffisant de latrines et de robinets. La surpopulation, la mauvaise hygiène, le manque de nourriture, d’eau et d’hébergement provoquèrent des épidémies de maladies comme le typhus, la tuberculose, la fièvre typhoïde et la dysenterie qui tuaient de plus en plus de détenus. Au cours des premiers mois de 1945, des dizaines de milliers de prisonniers moururent.

La libération

A view of the Bergen-Belsen concentration camp after the liberation of the camp.

Vue du camp de concentration de Bergen-Belsen, après la libération du camp. Bergen-Belsen, après le 15 avril 1945.

Crédits:
  • National Archives and Records Administration, College Park, MD

Le 15 avril 1945, les forces britanniques libérèrent Bergen-Belsen et y trouvèrent environ 55 000 prisonniers, nombre d’entre eux gravement malades.

Des milliers de cadavres reposaient à même le sol dans tout le camp. Entre mai 1943 et le 15 avril 1945, ce sont environ 37 000 prisonniers qui moururent à Bergen-Belsen. Plus de 13 000 anciens prisonniers, trop faibles pour se remettre, décédèrent après la libération. L’évacuation de Bergen-Belsen terminée, l’armée britannique mit le feu au site pour éviter la propagation du typhus.

Au total, environ 50 000 personnes moururent dans le complexe de Bergen-Belsen, dont Anne Frank et sa sœur Margot, toutes les deux en mars 1945. La plupart des victimes étaient juives.

Après la libération, les autorités britanniques d’occupation établirent un camp pour personnes déplacées qui accueillit plus de 12 000 rescapés. Il fut installé dans les baraquements de l’école militaire allemande à proximité de l’ancien camp de concentration et resta en fonction jusqu’en 1951.

Le personnel SS

Le capitaine SS (SS-Hauptsturmführer) Adolf Haas fut le premier commandant du camp de Bergen-Belsen au printemps 1943. Le SS-Hauptsturmführer Josef Kramer lui succéda en décembre 1944. Le nombre de fonctionnaires SS à Bergen-Belsen varia au cours de l’existence du camp. Les SS réussirent à détruire beaucoup de dossiers sur le camp, dont ceux du personnel.

Les procès d’après-guerre

À l’automne 1945, un tribunal militaire britannique établi à Lunebourg (Lüneburg) mit en examen 48 membres du personnel de Bergen-Belsen, soit 37 membres de la SS et 11 prisonniers fonctionnaires. Parmi les 48 accusés, 45 se présentèrent au tribunal (29 hommes et 16 femmes) et trois d'entre eux furent déclarés inaptes à comparaître pour raisons médicales.

La cour condamna à mort 11 des accusés, dont le commandant du camp Josef Kramer. Dix-neuf autres accusés furent reconnus coupables et condamnés à des peines de prison allant de un an à la perpétuité. Un autre n'a pas été condamné parce qu'il était trop malade pour comparaître, et quatorze furent acquittés.

Le 13 décembre 1945, les autorités militaires britanniques exécutèrent Josef Kramer et ses coaccusés à la prison de Hamelin, en Allemagne.

The Bergen-Belsen former concentration camp is burned to the ground by British soldiers to prevent the spread of typhus.

L’ancien camp de concentration de Bergen-Belsen est totalement brûlé par des soldats britanniques pour empêcher la propagation du typhus. Allemagne, 21 mai 1945.

Crédits:
  • US Holocaust Memorial Museum

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