<p>Juifs arrivant au camp de transit de Drancy par bus. France, entre 1942 et 1944.</p>

Drancy

Le camp de Drancy (ou camp d'internement de Drancy), situé au nord-est de Paris, dans la ville de Drancy, a été crée par les Allemands en août 1941 pour servir de camp d'internement pour les Juifs étrangers en France. Il devint par la suite le principal camp de transit des Juifs déportés de France. Jusqu'au 1er juillet 1943, le camp fut doté en personnel par la police française mais supervisé par la Police de sécurité allemande (Sipo-SD). Les Allemands prirent le contrôle direct du camp en juillet 1943, sous le commandement de l'officier SS Aloïs Brunner.

Le camp était un bâtiment inachevé, composé de plusieurs étages en forme U, qui faisait partie d'un ensemble immobilier construit au début des années 30. Le bâtiment et sa cour étaient entourés de fils de fer barbelés. Le camp avait une capacité de 5 000 prisonniers. Quatre camps annexes, dont trois furent utilisés à l'origine pour entreposer les biens confisqués des Juifs, étaient dispersés dans Paris : au 43 quai de la Gare (près de la gare d'Austerlitz), au 2 rue de Bassano (dans l'hôtel particulier confisqué de la famille Cahen d'Anvers), dans le magasin de meubles Levitan (rue du Faubourg Saint-Martin) et à l'hôpital Rothschild (considéré aussi comme une annexe de Drancy car les malades du camp y était envoyés). Environ 70 000 prisonniers passèrent par Drancy entre août 1941 et août 1944. A l'exception d'un petit nombre de prisonniers (pour la plupart des membres de la Résistance française), l'immense majorité des prisonniers étaient des Juifs. Quelques milliers de prisonniers purent obtenir leur libération pendant la première année de l'existence du camp.

Le premier convoi vers Auschwitz quitta Drancy en mars 1942. A partir de juillet 1942, les Juifs de Drancy furent systématiquement déportés par les Allemands vers les centres de mise à mort de Pologne. Au total, entre ce premier transport et le dernier qui eut lieu le 31 juillet 1944, 64 759 Juifs furent déportés à partir de Drancy, en 64 convois. Environ 61 000 de ces Juifs furent envoyés à Auschwitz-Birkenau et 3 753 au centre de mise à mort de Sobibor.

Un tiers des Juifs déportés de Drancy était de nationalité française. Les autres étaient des Juifs nés à l'étranger qui avaient immigré en France dans les années 20 et 30, principalement de Pologne, d'Allemagne et, après 1938, d'Autriche. De nombreux artistes et intellectuels juifs français de renom furent détenus à Drancy, dont le poète Max Jacob, la chorégraphe Renée Blum et le dramaturge et humoriste Tristan Bernard.

Les 15 et 16 août 1944, alors que les forces alliées approchaient, les autorités allemandes de Drancy s'enfuirent après avoir brûlé tous les documents du camp. Le 17 août, le Consul général de Suède, Raoul Nordling, prit en charge le camp et demanda à la Croix-Rouge française de s'occuper des 1 500 prisonniers qui restaient à Drancy.

Moins de 2 000 Juifs parmi les 65 000 déportés à partir du camp de Drancy survécurent à la Shoah.