<p>Des délégués Quakers de l’American Friends Service Committee (le Secours Quaker américain) qui mit en œuvre une opération de secours et de sauvetage à Toulouse. France, janvier 1941.</p>

Les quakers

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Le quakerisme est un mouvement religieux chrétien, également appelé la Société des amis, fondé en Angleterre au milieu du 17e siècle. Leur nom provient du tremblement (« quaking », en anglais) parfois associé à une intense émotion religieuse.

Originaire des îles britanniques, la philosophie quaker se répandit en quelques décennies dans le nord-ouest de l'Europe et dans les colonies britanniques. Les quakers adoptèrent une organisation rituelle simple, en congrégation, avec des assemblées locales pour le culte et des réunions pour traiter les affaires de l'église. Les premiers quakers furent souvent persécutés, condamnés à des amendes et emprisonnés pour infractions aux lois religieuses et civiles. Ils refusaient de fréquenter une église officielle, de prêter serment, de payer la dîme ou de porter une arme. Ils tenaient à organiser leurs propres assemblées et se livraient au prosélytisme même là où c'était interdit.

Pendant et après la Première Guerre mondiale, le rôle de l'AFSC, American Friends Service Committee, une association caritative quaker installée aux États-Unis, fut crucial pour apporter des secours en Allemagne et plus tard dans toute l'Europe. L'aide apportée en Allemagne et ailleurs fut largement reconnue et appréciée. Cependant, au cours des premières années du régime nazi, les activités de l'AFSC en faveur des réfugiés furent limitées. Cette attitude fut imputée au dilemme rencontré par les quakers qui craignaient, en s'élevant contre la persécution des Juifs, de compromettre une réputation qu'ils avaient mis plusieurs années à acquérir en Allemagne.

Après la Nuit de cristal, l'AFSC, sous la direction de Rufus M. Jones et la présidence de Clarence E. Pickett, intensifia son action en faveur des réfugiés. En 1939, ils soutinrent le projet de loi Wagner-Rogers (ultérieurement rejeté) pour un dépassement des quotas d'enfants réfugiés. De telles activités furent cependant ralenties, le quaker de base refusant de participer activement aux secours, que ce soit financièrement ou en recueillant des familles de réfugiés.

L'AFSC devint la principale source de soutien du Comité pour les enfants réfugiés, comme l'organisation qui lui succéda, la Fondation pour les enfants réfugiés. Ces deux organisations non confessionnelles, fondées en 1940, avaient pour vocation d'aider les Juifs - et en premier lieu les enfants - à quitter l'Europe pour s'installer aux États-Unis.

Parce que l'AFSC avait participé aux secours à travers l'Europe avant la Seconde Guerre mondiale, les nazis traitèrent les quakers avec respect et leur permirent de poursuivre leurs activités sociales dans le sud de la France pendant l'Occupation. L'AFSC coopéra étroitement avec des organisations juives d'aide sociale, notamment l'American Jewish Joint Distribution Committee, et apporta son assistance aux réfugiés juifs en France, en Espagne et au Portugal.

Au cours des années 1941 et 1942, l'AFSC choisit des enfants juifs parmi ceux qui se trouvaient dans des foyers et des camps de réfugiés du sud de la France pour les transférer aux États-Unis, sous les auspices du Comité américain de protection des enfants européens. Les démarches de l'AFSC ont montré que les activités interconfessionnelles en faveur des Juifs européens pouvaient être couronnées de succès.