<p>Des soldats allemands emmenant des otages polonais les yeux bandés vers le lieu de leur exécution. Olkusz, Pologne, 16 juillet 1940.</p>

Les victimes polonaises

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L'occupation allemande en Pologne fut d'une brutalité exceptionnelle. Les Nazis considéraient les Polonais comme étant de race inférieure. Après la défaite militaire du pays en septembre 1939, ils lancèrent une campagne de terreur. La police fusilla des milliers de Polonais et réquisitionna tous les hommes pour des travaux forcés. Le but des Nazis était de détruire la culture polonaise en éliminant les dirigeants politiques, religieux et intellectuels, et ce pour deux raisons : le mépris allemand pour cette culture, et le refus de voir se développer un mouvement de résistance contre l'occupation.

En mai 1940, les autorités allemandes d'occupation lancent l'« action AB », un plan d'élimination de l'élite intellectuelle et de la classe dirigeante polonaises. L'objectif consistait à les exterminer dès que possible afin de semer la panique au sein de la population et de décourager toute tentative de résistance. Ainsi les Allemands fusillèrent des milliers de professeurs, de prêtres et autres intellectuels à Varsovie, particulièrement à la prison de Pawiak, et dans ses environs. Des milliers d'autres Polonais furent envoyés dans le camp de concentration d'Auschwitz, tout juste construit, ainsi qu'à Stutthof et d'autres camps de concentration en Allemagne, où jusqu'en mars 1942 la majorité des détenus était des non-Juifs.

Les Nazis menèrent une politique de représailles aveugles contre toute tentative de résistance, notamment par des expulsions de masse. En novembre 1942, ils chassèrent plus de 100 000 personnes de la région de Zamosc, dont beaucoup vers les camps d’Auschwitz et de Majdanek. D'autre part, environ 50 000 enfants polonais furent arrachés à leurs familles, transférés dans le Reich et soumis à la politique de « germanisation ».

Après l’annexion de la Pologne occidentale, Hitler ordonna que cette « germanisation » soit mise en place sur tout le territoire polonais. Dans le Generalgouvernement, des gouverneurs nazis (comme Arthur Greiser dans le Warthegau et Albert Forster à Dantzig-Prusse occidentale) chassèrent de chez eux des centaines de Polonais. Plus de 500 000 Allemands furent ensuite installés à leur place.

Un gouvernement polonais en exil, dirigé par Wladyslaw Sikorski, fut établi à Londres. Sur le sol polonais, il était représenté par le réseau clandestin « Delegatura », dont la fonction principale était de coordonner les activités de l’Armée intérieure (Armia Krajowa). En août 1944, la résistance polonaise organisa un violent soulèvement contre les Allemands à Varsovie, une rébellion qui dura deux mois, puis fut écrasée par les Allemands. Plus de 200 000 Polonais furent tués lors de l’insurrection.

Entre 1939 et 1945, au moins 1,5 million de citoyens polonais furent déportés vers le territoire allemand pour travaux forcés. Des centaines de milliers d'autres furent emprisonnés dans les camps de concentration.

On estime que les Allemands ont assassiné pas moins de 1,9 million de civils polonais non-Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et 3 millions de Juifs polonais.