Le réseau ferré européen joue un rôle crucial dans la mise en œuvre de la Solution finale. Les Juifs d'Allemagne et d'Europe occupée sont déportés par train vers les centres de mise à mort de Pologne, où ils sont tués. Les Allemands tentent de dissimuler leurs intentions et qualifient les déportations de «relocalisation» vers l'Est. On explique aux victimes qu'on les emmène dans des camps de travail, mais en réalité, à partir de 1942, la déportation, pour la plupart des Juifs, n'a d'autre signification que l'envoi en centre de mise à mort. À cette échelle, cela nécessite la coordination de nombreux organismes gouvernementaux allemands, notamment le RSHA (l'Office central de sécurité du Reich), le ministère des Transports et celui des Affaires étrangères. Le premier coordonne et dirige les déportations, le deuxième organise les horaires, et le dernier se charge de négocier avec les États alliés qui leur livrent les Juifs.
Voir le document
Les centres de mise à mort (également appelés « camps d'extermination » ou « camps de la mort ») sont conçus pour la mise en œuvre du génocide. Entre 1941 et 1945, les Nazis fondent cinq camps de mise à mort en Pologne occupée par l'Allemagne : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Auschwitz-Birkenau (qui fait partie du complexe d'Auschwitz) et Majdanek. Chelmno et Auschwitz sont établis dans des zones annexées à l'Allemagne en 1939. Les autres camps (Belzec, Sobibor, Treblinka et Majdanek) sont construits sur le territoire du Generalgouvernement (une unité administrative de la Pologne occupée). Auschwitz fonctionne à la fois comme camps de concentration et de travaux forcés, mais aussi comme centre de mise à mort. L'écrasante majorité des victimes des centres de mise à mort sont juives. On estime que 2,7 millions de Juifs sont tués dans ces cinq camps, dans le cadre de la "Solution finale". Les autres victimes incluent des Roms (Tsiganes) et des prisonniers de guerre soviétiques.
Sur cette carte, le camp de Majdanek (situé tout près de la ville de Lublin) est compris comme un centre de mise à mort. Dans le passé, de nombreux chercheurs l'ont considéré comme le sixième, mais des études récentes montrent que Lublin-Majdanek est plutôt catégorisé comme un camp de concentration. En effet, les autorités allemandes utilisent le site essentiellement pour y parquer des Juifs temporairement épargnés afin de s'en servir de main-d'œuvre forcée. À l’occasion, et surtout après l’arrêt des opérations à Belzec à la fin 1942, les Juifs sont déportés à Majdanek dans le cadre de l’Opération Reinhard, pour y subir la sélection. Ceux qui ne sont pas jugés aptes au travail forcé sont assassinés à Lublin-Majdanek, fusillés ou envoyés dans les chambres à gaz.
Voir le document
En 1942, l'Allemagne dominait la majorité de l'Europe. La grande Allemagne avait été étendue aux frais de ses voisins. L'Autriche et le Luxembourg furent entièrement incorporés. Des territoires tchécoslovaques, polonais, français, belges et baltes furent saisis par la grande Allemagne. Les forces militaires allemandes occupaient la Norvège, le Danemark, le nord de la France, la Serbie, certaines régions du nord de la Grèce et de vastes portions du territoire d'Europe de l'Est. L'Italie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande, la Croatie et la France de Vichy étaient toutes alliées à l'Allemagne ou soumises à une forte influence allemande. Entre 1942 et 1944, les forces militaires allemandes étendirent leur zone d'occupation au sud de la France, au centre et au nord de l'Italie, à la Slovaquie et à la Hongrie.
Voir le document
We would like to thank Crown Family Philanthropies, Abe and Ida Cooper Foundation, the Claims Conference, EVZ, and BMF for supporting the ongoing work to create content and resources for the Holocaust Encyclopedia. View the list of donor acknowledgement.