Gisha fut élevée dans une famille juive pratiquante parlant yiddish. Ils vivaient dans la ville de Pultusk, située dans le centre de la Pologne. Gisha se maria à la fin des années 1890 et partit s'installer avec son mari, Shmuel David Bursztyn, à Varsovie. Shmuel possédait une boulangerie, dans le quartier juif de la ville. En 1920, les Bursztyn et leurs huit enfants s'installèrent dans un appartement de deux chambres.
1933-39: En 1939, six des enfants de Gisha avaient quitté la maison : ses filles aînées s'étaient mariées et ses quatre fils aînés avaient émigré en Amérique et au Mexique. Seuls son plus jeune fils et sa plus jeune fille vivaient encore auprès d'eux. Son mari avait cédé son commerce et travaillait dans la boulangerie Kagan. L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939. Après avoir subi quatre semaines d'assaut, Varsovie tomba aux mains des Allemands le 28 septembre.
1940-42: Lorsque le ghetto de Varsovie fut établi par les Allemands en novembre 1940, l'appartement des Bursztyn en fit partie. Shmuel continua à travailler dans la boulangerie Kagan, également située à l'intérieur du ghetto. En avril 1942, il fut tué par les Allemands. Craignant les rafles allemandes, Gisha décida de se cacher dans l'un des abris de fortune du ghetto. Au cours de la rafle massive qui commença le 22 juillet 1942, Gisha fut expulsée de son abri, conduite à plusieurs pâtés de maison de là vers un point de rassemblement, puis forcée à monter dans un wagon.
Gisha fut déportée dans le camp d'extermination de Treblinka où elle fut gazée en juillet 1942. Elle avait soixante-cinq ans.
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Welwel était l'un des six enfants d'une famille juive vivant dans la ville majoritairement juive de Kaluszyn, située à une quarantaine de kilomètres à l'est de Varsovie. Ses parents étaient pratiquants et parlaient le yiddish à la maison. Le père de Welwel était comptable chez un grand propriétaire terrien. Après la mort du père de Welwel, sa mère tint un kiosque à journaux à Kaluszyn. Welwel se maria lorsqu'il eut une vingtaine d'années et partit s'installer avec sa femme, Henia, à Varsovie.
1933-39 : Lorsque la guerre a éclaté il y a trois mois, de nombreux Juifs ont quitté Varsovie dans un exode de masse vers l'est. C'étaient principalement des hommes jeunes ou d'âge moyen qui craignaient que les Allemands ne les envoient au travail forcé. J'étais terrifié moi aussi mais je ne pouvais pas abandonner Henia et nos deux enfants, Miriam et Fiszel. A présent, les Allemands sont entrés dans la ville et ils arrêtent des Juifs dans les rues pour les constituer en équipes de travail. J'essaie de sortir le moins possible.
1940-43 : Le ghetto juif, situé au coeur du quartier juif, a été bouclé il y a quelques semaines. Notre maison de la rue Gesia se trouve dans le ghetto, comme mon épicerie, rue Nowolipki. On ne peut introduire dans le ghetto que de faibles quantités de nourriture, aussi mes stocks ont-ils diminué. La plupart de mes clients achètent les articles de base auxquels nous avons droit avec notre misérable ration de pain, de pommes de terre et de succédané de graisse. Ceux d'entre nous qui ont les moyens complètent leur régime avec des choses achetées au marché noir.
Welwel et sa famille ne survécurent pas à la guerre. On dit qu'ils furent déportés au camp d'extermination de Treblinka pendant l'été 1942 ou au début de l'année 1943.
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Chil naît dans une famille juive de la ville industrielle de Łódź. Sa mère meurt avant la Seconde Guerre mondiale, laissant son père élever les enfants. Chil travaille pour l’aider à subvenir aux besoins de ses frères et sœurs.
1933—39 : Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Chil fuit Łódź avec sa jeune sœur Rivka pour se rendre à Pruszków, petite ville située à seize kilomètres au sud-ouest de Varsovie.
1940—45 : En octobre 1940, les autorités allemandes établissent un ghetto ouvert à Pruszków. En janvier 1941, les Allemands transportent la plupart des Juifs qui y sont emprisonnés, dont Rivka, vers le ghetto de Varsovie. Dans un premier temps, ils retiennent Chil à Pruszków, où il est assigné aux travaux forcés dans les gares de triage. Ensuite, il est envoyé au ghetto de Varsovie, où il retrouva Rivka.
Chil et Rivka parviennent au ghetto d’Ostrów Lubelski. Les autorités allemandes liquident les lieux en octobre 1942. Ils forcent les habitants, dont Chil et Rivka, à marcher jusqu’à Lubartów. Là, les deux jeunes sont contraints de monter dans un wagon de marchandises surchargé à destination du centre de mise à mort de Treblinka.
À Treblinka, les autorités du camp les séparent de force. Rivka est assassinée dans les chambres à gaz. Chil fait partie du groupe d’une centaine d’hommes jeunes et en forme sélectionnés pour les travaux forcés. La plupart de ces hommes sont tués le même jour, mais Chil, lui, est temporairement épargné parce qu’il s’est porté volontaire pour travailler comme barbier. Les autorités du camp le chargent ensuite de transporter les cadavres des chambres à gaz jusqu’aux fosses communes. Plus tard, on le force à extraire de fausses dents (souvent en métal précieux) de la bouche des victimes assassinées. Malgré l’extrême violence et les conditions horribles qui règnent à Treblinka, Chil y survit durant environ 10 mois.
En août 1943, il s’échappe du centre de mise à mort pendant le soulèvement de Treblinka. Il survit à la première chasse à l’homme menée par les SS pour retrouver les évadés en se cachant dans les bois, puis chez des fermiers polonais. Craignant d’être découvert, il décide de se rendre à Varsovie. Là, un ami polonais l’aide à se procurer de faux papiers sous le nom de Henryk Ruminowski. Il sort vivant de l’insurrection de Varsovie en août 1944 et se cache dans un bunker dans les ruines de la ville jusqu’à l'arrivée des Soviétiques. Il est libéré le 17 janvier 1945.
De sa famille proche, seuls Chil et son frère Moshe survivent. Plus tard, il se marie, émigre en Uruguay et élève trois fils. Il écrira ses mémoires pour documenter ce qu’il a vécu à Treblinka, publiés en anglais sous le titre The Last Jew of Treblinka (Le dernier Juif de Treblinka).
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Les parents juifs de Sylvia s'étaient convertis au christianisme lorsqu'ils étaient jeunes et Sylvia fut donc élevée selon la foi chrétienne. Monsieur Winawer était un brillant avocat. La famille vivait dans un appartement du centre-ville de Varsovie. La mère de Sylvia était collectionneuse d'oeuvres d'art.
1933-39 : Je fréquentais une école privée dirigée par l'Eglise Luthérienne. J'adorais l'école et mes camarades. Quand j'eus neuf ans, mes parents m'offrirent le plus beau des "cadeaux" : une petite soeur ! Deux ans plus tard, ma vie changea quand les Allemands envahirent la Pologne et atteignirent Varsovie en septembre 1939.
1940-44 : En octobre 1940, les Allemands obligèrent notre famille à aller vivre dans le ghetto de Varsovie. Là, je donnais des cours à une petite orpheline appelée Feiga et je grandis en restant très proche d'elle. Mais elle était si pauvre qu'elle a été placée dans un orphelinat du ghetto. J'ai été très triste quand Feiga et tous les enfants de l'orphelinat, ainsi que le directeur, le professeur Janusz Korczak, furent déportés du ghetto en 1942.
Sylvia et ses parents se sont évadés du ghetto de Varsovie et ont survécu à la guerre. Sylvia apprit plus tard que Feiga avait été tuée dans le camp d'extermination de Treblinka en 1942.
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