<p><span lang="FR">Des enfants à bord du paquebot <em>Président Harding</em> regardent la statue de la Liberté alors qu'ils entrent dans le port de New York. Ce sont Gilbert et Eleanor Kraus qui les ont amenés aux États-Unis. New York, États-Unis, juin 1939.</span></p>

Les Etats-Unis et la Shoah

Les Américains avaient accès à des informations fiables sur les persécutions du régime nazi au moment même où elles avaient lieu, mais la plupart ne pouvaient envisager une campagne de meurtres de masse. Si beaucoup compatissaient avec le sort des Juifs européens, l'aide aux réfugiés et le secours aux victimes ne sont jamais devenus une priorité nationale. 

La catastrophe économique de la Grande Dépression aux États-Unis, l'engagement à la neutralité, et des préjugés fortement ancrés contre les émigrants rendirent les Américains moins disposés à accueillir des réfugiés. Ni l'administration du président Franklin D. Roosevelt ni le Congrès n'aménagèrent le processus d'immigration compliqué et bureaucratique en place (avec notamment un système de quotas instaurant un certain nombre de personnes accueillies) pour venir en aide aux centaines de milliers de réfugiés quittant l'Europe. Par contre, c'est à cette période que le département d'État mit en œuvre de nouvelles mesures restrictives visant à rendre plus difficile l'entrée des émigrants sur le territoire. Il n'en reste pas moins que, si les États-Unis délivrèrent bien moins de visas qu'ils n'auraient pu le faire, le pays accueillit bien plus de réfugiés fuyant le nazisme que toute autre nation au monde.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclata en septembre 1939, la plupart des Américains espéraient que leur pays reste neutre. Les deux années qui suivirent furent riches en débats entre ceux qui ne voulaient pas être mêlés à la guerre et se concentrer sur la défense de l'hémisphère occidental (les isolationnistes) et ceux qui penchaient pour une assistance proactive à la Grande-Bretagne quitte à entrer en guerre (les interventionnistes). Petit à petit, ce climat favorisa un soutien aux forces alliées. L'attaque japonaise de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 mit fin au débat et, rapidement, les États-Unis déclarèrent la guerre au Japon. L'Allemagne réagit en déclarant à son tour la guerre aux États-Unis.

C'est pour défendre la démocratie que les Américains se joignirent au combat des Alliés contre les forces de l'Axe (Allemagne, Italie et Japon) dans la Seconde Guerre mondiale, pas pour protéger les victimes juives du régime nazi. En janvier 1944, le gouvernement américain créa le War Refugee Board, un comité chargé de sauver et d'apporter une aide aux Juifs et aux autres groupes ciblés par les Nazis. Pendant la dernière année de la guerre, les opérations de secours purent sauver des dizaines de milliers de vies. Au printemps 1945, les forces alliées, et parmi elles des millions de soldats américains, eurent raison de l'Allemagne nazie et ses collaborateurs de l'Axe, mettant fin à l'Holocauste.